Maladies chroniques, états de santé et risque d'hospitalisation et de décès hospitalier pour Covid-19

23 juillet 2021
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Ces études pharmaco-épidémiologiques analysent les facteurs de risques médicaux et socio-économiques associés au risque d'hospitalisation pour Covid-19 et à celui de décès à l'hôpital.

Présentation

Ces études ont été conduites par le Groupement d’intérêt scientifique (GIS) Epi-Phare constitué par l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) et la Caisse nationale de l'Assurance Maladie (Cnam).

L'objectif de ces études quasi-exhaustives des données de la population française, réalisées à partir des données du système national des données de santé (SNDS), était d'identifier les maladies chroniques et des facteurs tels que l’âge ou le genre associés au risque d'hospitalisation pour Covid-19 et à celui de décès hospitalier.

Première étude

Portant sur la première vague de l’épidémie (du 15 février au 15 juin 2020), elle étudie le lien entre 47 maladies chroniques et le risque de développer une forme sévère de la Covid-19. Durant cette période, ce sont un peu plus de 87 800 personnes qui ont été hospitalisées pour cette pathologie, dont 15 660 en sont décédées à l’hôpital.

Les résultats de l’étude confirment que les personnes âgées sont de loin les plus fragiles face à la Covid-19. Les risques d’être hospitalisé ou de décéder des suites de ce virus augmentent de façon exponentielle avec l’âge. Par rapport aux 40-44 ans, le risque d’hospitalisation est doublé chez les 60-64 ans, triplé chez les 70-74 ans, multiplié par 6 chez les 80-84 ans et par 12 chez les 90 ans et plus.

L’association est encore plus marquée pour le risque de décès avec, par rapport aux 40-44 ans, un risque multiplié par 12 chez les 60-64 ans, par 30 chez les 70-74 ans, par 100 chez les 80-84 ans et par presque 300 chez les 90 ans et plus.

L’étude confirme également que les hommes sont plus à risque d’hospitalisation et de décès pour Covid-19 que les femmes, multiplié respectivement par 1,4 et 2,1.

L’ampleur de l’étude, portant sur l’ensemble de la population, a permis d’effectuer une estimation précise des risques que fait courir le virus aux patients ayant des maladies courantes ou moins fréquentes. Elle souligne notamment que la quasi-totalité des affections chroniques est associée à des risques accrus d'hospitalisation et de décès pour Covid-19, à l'exception de la dyslipidémie.

Les patients les plus vulnérables face à ce virus sont ceux souffrant d'une des sept pathologies suivantes : trisomie 21 (7 fois plus de risque d'hospitalisation et 23 fois plus de risque de décès) ; retard mental (4 fois plus de risque d'hospitalisation et 7 fois plus de risque de décès) ; de mucoviscidose (4 fois plus de risque d'hospitalisation) ; insuffisance rénale chronique terminale sous dialyse (4 fois plus de risque d'hospitalisation et 5 fois plus de risque de décès) ; cancer actif du poumon (3 fois plus de risque d'hospitalisation et 4 fois plus de risque de décès), ainsi que transplantation rénale (5 fois plus de risque d'hospitalisation et 7 fois plus de risque de décès) ; ou transplantation du poumon (3 fois plus de risque d'hospitalisation et 6 fois plus de risque de décès).

Enfin, l’étude montre que le lien entre indice de défavorisation et risque de formes graves de Covid-19 (hospitalisation avec Covid-19 ou décès) est fort chez les personnes de moins de 80 ans, avec un risque de décès multiplié par deux chez les plus défavorisés par rapport aux plus favorisés.

Citer cette étude : Groupement d’intérêt scientifique (GIS) Epi-Phare. Maladies chroniques, états de santé et risque d'hospitalisation et de décès hospitalier pour Covid-19 lors de la première vague de l’épidémie en France : étude de cohorte de 66 millions de personnes. Février 2021.

Deuxième étude

Dans la continuité de son étude du 9 février 2021 sur les sur-risques d’hospitalisation et de décès hospitaliers liés à la Covid-19 durant la première vague, le Groupement d’intérêt scientifique (GIS) Epi-Phare renouvelle cette analyse à partir des données de la deuxième vague de 2020. Cette étude couvre la période du 1er octobre 2020 au 15 décembre 2020. Durant ces deux mois et demi, un peu plus de 88 940 patients sans antécédents d’hospitalisation pour Covid-19 ont été hospitalisés en raison de ce virus, dont 16 894 en sont décédés à l’hôpital.

Cette nouvelle étude montre à pathologie, âge et sexe identiques une diminution globale de la mortalité hospitalière (bien que toujours élevée) entre la première et la deuxième vague. Cette baisse, qui confirme l’amélioration des soins à l’hôpital pour Covid-19, est observée dans toutes les tranches d’âges. La diminution de la mortalité à l’hôpital était particulièrement importante chez les patients plus jeunes. Les personnes hospitalisées lors de la deuxième vague étaient nettement plus âgées que celles admises à l’hôpital au cours de la première vague, témoignant probablement d’un meilleur accès à l’hospitalisation et d’une meilleure identification des facteurs de risque à l’admission.

Les facteurs de risque d’hospitalisation et de décès sont restés globalement les mêmes, voire parfois ont été un peu amplifiés entre première et seconde vague, notamment le rôle majeur de l’âge (hospitalisation plus de 8 fois plus élevé chez les 85 ans et plus par rapport aux 40-44 ans et décès à l'hôpital pour Covid-19 près de 200 fois plus élevé). Les hommes avaient, à âge et pathologie identiques, 1,5 fois plus de risque que les femmes d’être hospitalisés et 2 fois plus de risque de décéder.

Les patients atteints de divers troubles mentaux sévères restaient particulièrement à risque d’hospitalisation et de décès à structure d’âge égale. De façon générale, durant cette deuxième vague, les personnes affectées de comorbidités les plus vulnérables face au virus sont restées les personnes atteintes d’une trisomie 21 (risque multiplié par 10 pour l’hospitalisation et 28 pour le décès), d’un retard mental (risque multiplié par 4 pour l’hospitalisation et 6 pour le décès), d’une transplantation rénale (risque multiplié par 5 pour l’hospitalisation et 6 pour le décès), d’une transplantation du poumon (risque multiplié par 4 pour l’hospitalisation et 12 pour le décès), de mucoviscidose (risque multiplié par 2,5 pour l’hospitalisation), d’insuffisance rénale en dialyse (risque multiplié par 3,5 pour l’hospitalisation et 3 pour le décès), et de cancer actif du poumon (risque multiplié par 2,5 pour l’hospitalisation et 3 pour le décès).

Citer cette étude : Groupement d’intérêt scientifique (GIS) Epi-Phare. Maladies chroniques, états de santé et risque d'hospitalisation et de décès hospitalier pour Covid-19 : analyse comparative de données des deux vagues épidémiques de 2020 en France à partir d’une cohorte de 67 millions de personnes. Juillet 2021.

Informations sur la publication

Propriété Valeur
Thème(s) pathologies
Collection Études pharmaco-épidémiologiques
Date de publication juillet 2021
Auteur(s) Groupement d’intérêt scientifique (GIS) Epi-Phare
Fréquence de parution de la collection ponctuelle
Mot(s)-clé(s) Covid-19 ; état de santé et recours aux soins ; hospitalisation ; maladie chronique ; système d'information

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