Utilisation en France des vaccins monovalents et bivalents à ARN messager contre la Covid-19 du 3 octobre au 13 novembre 2022

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Cette étude pharmaco-épidémiologique décrit l’utilisation des vaccins monovalents et bivalents à base d’ARN messager dans l’ensemble de la population française, sur la période de 6 semaines allant du 3 octobre au 13 novembre 2022.

Présentation

Cette étude a été conduite par le Groupement d’intérêt scientifique (GIS) Epi-Phare constitué par l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) et la Caisse nationale de l'Assurance Maladie (Cnam).

Contexte

L'émergence du variant B.1.1.529 (Omicron) fin 2021 a entraîné une recrudescence des cas de Covid-19 parmi les populations non vaccinées ou vaccinées précocement. Ce variant s’est caractérisé par sa capacité à échapper à la réponse immunitaire conférée par la vaccination ou l’infection, et par sa propagation rapide dans le monde entier. Aujourd'hui omniprésent (en novembre 2022), ce variant a plusieurs sous-lignages : BA.2, BA.2.12.1, BA.4 et BA.5.

Des vaccins bivalents ciblant la souche originale et le variant Omicron ont donc été développés par les laboratoires Pfizer-BioNTech et Moderna, afin d’améliorer la protection contre les souches circulantes. Quatre vaccins bivalents ont reçu une recommandation d’autorisation de l'Agence européenne du médicament (EMA) pour une utilisation en rappel chez les personnes âgées de 12 ans et plus ayant reçu au moins une primo-vaccination contre la Covid-19. Il s’agit de deux vaccins ciblant le SARS-CoV-2 original et le sous-lignage Omicron BA.1 : Comirnaty Original/Omicron BA.1 (Pfizer-BioNTech) et Spikevax Original/Omicron BA.1 (Moderna), approuvés le 1er septembre 2022. Les deux autres vaccins ciblent le SARS-CoV-2 original et les sous-variants BA.4 et BA.5 : Comirnaty Original/Omicron BA.4-5 (Pfizer-BioNTech), approuvé le 12 septembre 2022, et Spikevax Original/Omicron BA.4-5 (Moderna), approuvé le 19 octobre 2022.

Dès le 20 septembre 2022, la Haute Autorité de santé (HAS) recommandait d’utiliser indifféremment en France l’un des trois vaccins bivalents, approuvés jusque-là par l’EMA, dès qu’ils seraient disponibles. Ainsi, en France la vaccination de rappel contre le Covid-19 par les nouveaux vaccins bivalents a démarré le lundi 3 octobre.

Objectif

L'objectif de cette étude était de décrire l’utilisation des vaccins monovalents et bivalents à base d’ARN messager dans l’ensemble de la population française, sur la période allant du 3 octobre au 13 novembre 2022 (soit la dernière date pour laquelle les données concernant la vaccination étaient disponibles en date du 17 novembre), avec les caractéristiques socio-démographiques et médicales des personnes vaccinées selon le type de vaccin.

Cette étude a été réalisée à partir des données du système national des données de santé (SNDS), couplé au système d'information Vaccin Covid (VAC-SI).

Résultats

Entre le 3 octobre et le 13 novembre 2022, 1 423 965 doses de vaccin ont été enregistrées. Au cours de la première semaine (allant du 3 au 9 octobre 2022), le vaccin Comirnaty monovalent de Pfizer-BioNTech était le plus administré (67,9 %). Pendant les cinq semaines qui ont suivi, l’utilisation du Comirnaty bivalent Original/Omicron BA.4-5 était majoritaire et en constante augmentation (de 70 % la deuxième semaine à 92 % la sixième semaine). L’utilisation des vaccins monovalents était quant à elle en constante diminution.

Les sujets ayant reçu le vaccin Comirnaty monovalent étaient en moyenne plus jeunes (64,3 ans) que les sujets ayant reçu les vaccins bivalents (69,7 ans). Chez les sujets de 75 ans ou plus, le Comirnaty bivalent Original/Omicron BA.4-5 était le plus utilisé (39,6 %) alors que le Comirnaty monovalent était le plus utilisé chez les plus jeunes.

Les sujets ayant reçu les vaccins bivalents étaient plus favorisés sur le plan socio-économique : 17 % des personnes vaccinées par Comirnaty Original appartenaient au quintile le plus favorisé, contre 23,2 % (Comirnaty bivalent) et 22,4 % (Spikevax bivalent).

De légères disparités régionales existaient, avec des régions où les vaccins bivalents étaient un peu plus administrés, telles que la Bretagne et la région Grand-Est : 7,3 % (Comirnaty Original) contre 9,1 % (Comirnaty bivalent) et 10,4 % (Spikevax bivalent).

Les individus ayant reçu une dose de rappel par les vaccins bivalents souffraient plus de certaines comorbidités comme les maladies cardiovasculaires et certains cancers.

Les sujets ayant eu préalablement au moins deux doses d’un vaccin Covid-19 ont reçu principalement, en injection de rappel entre le 3 octobre et le 13 novembre, le vaccin Comirnaty bivalent Original/Omicron BA.4-5. Chez les sujets n’ayant pas été vaccinés ou ayant reçu une seule dose précédemment, le vaccin monovalent Comirnaty était le plus administré.

Conclusion

Cette étude montre une forte montée en charge de l’utilisation des vaccins bivalents, principalement le vaccin de Comirnaty bivalent Original/Omicron BA.4-5, et une nette régression de l’utilisation des vaccins monovalents en France sur la période du 3 octobre au 13 novembre 2022.

Les sujets ayant reçu les vaccins bivalents étaient, dans l’ensemble, plus âgés et plus favorisés sur le plan socio-économique. Cependant, le taux de vaccination par rappel pendant cette période reste relativement faible par rapport au taux de couverture attendu.

Citer cette étude : Groupement d’intérêt scientifique (GIS) Epi-Phare. Utilisation en France des vaccins monovalents et bivalents à ARN messager contre le Covid-19 du 3 octobre au 13 novembre 2022. Novembre 2022.

Informations sur la publication

Propriété Valeur
Thème(s) médicaments et dispositifs médicaux
Mot(s)-clé(s) Covid-19 ; pratique médicale ; système d'information ; vaccin
Collection Études pharmaco-épidémiologiques
Date de publication novembre 2022
Auteur(s) Groupement d’intérêt scientifique (GIS) Epi-Phare
Fréquence de parution de la collection ponctuelle

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