Association entre les vaccins Covid-19 à ARN messager et la survenue de myocardite et péricardite chez les personnes de 12 à 50 ans en France

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  • Études pharmaco-épidémiologiques
Ces études pharmaco-épidémiologiques mesurent le risque de myocardite et de péricardite après la vaccination contre la Covid-19 chez les personnes de 12 à 50 ans en France.

Présentation

Ces études ont été conduites par le Groupement d’intérêt scientifique (GIS) Epi-Phare constitué par l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) et la Caisse nationale de l'Assurance Maladie (Cnam).

Les études ont été faites à partir des données du système national des données de santé (SNDS) chaînées aux données des systèmes nationaux d’information sur la vaccination contre l-19 (VAC-SI) et sur les tests de dépistage du SARS-CoV-2 (SI-DEP).

Il s'agit de rapports réalisés dans le cadre du dispositif renforcé de surveillance des vaccins contre la Covid-19. Pour plus d'informations sur ce dispositif, consulter sur le site de l'ANSM : le Dossier thématique Covid-19 - Dispositif de surveillance renforcée des vaccins ainsi que les points de situation sur la surveillance des vaccins contre la Covid-19 à retrouver dans les Actualités.

Les myocardites (inflammation du muscle cardiaque) et les péricardites (inflammation de la membrane qui entoure le cœur) sont causées, la plupart du temps, par une infection virale comme la Covid-19 et surviennent plutôt chez des hommes jeunes. Dans la majorité des cas, l’état de santé des patients s’améliore de lui-même ou à l’aide d’un traitement. Depuis juillet 2021, les myocardites et les péricardites sont considérées comme un effet indésirable pouvant survenir rarement suite à une vaccination par Comirnaty (Pfizer-BioNTech) ou Spikevax (Moderna).

De premières analyses menées dans des pays nordiques et aux États-Unis suggèrent que chez les hommes jeunes, le risque de myocardite et péricardite serait plus élevé après Spikevax (Moderna), qu’après vaccination par Comirnaty (Pfizer-BioNTech). En France, les données de pharmacovigilance ont mis en évidence un taux de notification des cas de myocardite chez les hommes de 18 à 29 ans plus important après un schéma complet avec le vaccin Spikevax (Moderna) qu’avec Comirnaty (Pfizer-BioNTech). Une évaluation de ce signal est en cours au niveau européen. Pour plus d'informations, consulter l'article Meeting highlights from the Pharmacovigilance Risk Assessment Committee (PRAC) 25-28 October 2021 sur le site de l'European Medicines Agency (EMA).

Dans ce contexte, le GIS Epi-Phare a conduit deux étude, la deuxième étant l'actualisation de la première. L'objectif était de caractériser le risque de myocardite et de péricardite avec les vaccins à ARN messager (Pfizer-BioNTech et Moderna).

La première étude porte sur l'ensemble des cas de myocardite ou de péricardite survenus en France chez des personnes âgées de 12 à 50 entre le 15 mai et le 31 août 2021. La deuxième étude inclut les cas survenus jusqu'au 31 octobre 2021.

 

Première étude : données au 31 août 2021

Cette première étude cas-témoins a porté sur toutes les personnes âgées de 12 à 50 ans hospitalisées en France pour une myocardite ou une péricardite entre le 15 mai et le 31 août 2021, soit 919 cas de myocardites et 917 cas de péricardites. Ces cas ont été appariés respectivement à 9 190 témoins (pour la myocardite) et 9 170 témoins (pour la péricardite) de même âge, sexe et département de résidence. Les risques de survenue d’une hospitalisation pour myocardite ou péricardite ont été comparés entre les personnes vaccinées et les personnes non vaccinées.

Cette étude confirme que la vaccination par Comirnaty (Pfizer-BioNTech) et Spikevax (Moderna) augmente le risque de myocardite et péricardite dans les 7 jours suivant la vaccination. Ce risque apparaît plus marqué chez les jeunes hommes de moins de 30 ans en particulier après de la deuxième dose de Spikevax (Moderna), même si le nombre de cas apparaît peu fréquent au regard du nombre élevé de doses administrées. La vaccination par Spikevax (Moderna) serait à l’origine de 132 cas de myocardite supplémentaires par million de doses administrées.

Bien que la survenue d’une myocardite soit moins fréquente que chez les hommes, ce risque est également augmenté chez les jeunes femmes de moins de 30 ans parmi lesquelles l’excès de cas attribuables à la deuxième dose de Spikevax (Moderna) serait de l’ordre de 37 par un million de doses. Concernant le risque de péricardite, il apparaît lui aussi plus marqué après le vaccin Spikevax (Moderna) chez les personnes de moins de 30 ans, en particulier après la deuxième dose qui serait à l’origine d’un excès de cas atteignant de l’ordre de 18 par un million de doses chez les jeunes hommes.

De façon rassurante, l’évolution clinique des cas de myocardite et de péricardite apparaît généralement favorable. Sur la période étudiée, aucun décès n’a été rapporté parmi les personnes hospitalisées pour une myocardite ou une péricardite suite à la vaccination.

Ces nouvelles données de pharmaco-épidémiologie ne remettent pas en cause le rapport bénéfice/risque des vaccins contre la Covid-19 Comirnaty (Pfizer-BioNTech) et Spikevax (Moderna), dont l’efficacité contre les formes graves de Covid-19 est de l’ordre de 90 %. Pour plus d'informations, consulter la page Estimation de l’impact de la vaccination sur le risque de formes graves de Covid-19 en France. Ces données sont partagées au niveau européen avec l’European Medicines Agency (EMA) dans le cadre de l’évaluation en cours, ainsi qu’à la Haute Autorité de santé (HAS) au niveau national.

Citer cette étude : Groupement d’intérêt scientifique (GIS) Epi-Phare. Association entre les vaccins Covid-19 à ARN messager et la survenue de myocardite et péricardite chez les personnes de 12 à 50 ans en France. Novembre 2021.

Deuxième étude : données actualisées au 31 octobre 2021

Dans l'étude précédente portant sur l’ensemble des cas de myocardite et de péricardite survenus en France chez des personnes âgées de 12 à 50 ans entre le 15 mai et le 31 aout 2021, les risques augmentés d’hospitalisation pour myocardite ou péricardite dans les 7 jours après l’administration de chacun des deux vaccins à ARN messager, BNT162b2 (Comirnaty, Pfizer-BioNTech) et mRNA-1273 (Spikevax, Moderna), avaient été mis en évidence. L’association était la plus marquée chez les personnes de 12 à 29 ans et après la deuxième dose du vaccin mRNA-1273. Les résultats montraient également une évolution clinique des cas généralement favorable à très court terme.  

Cette nouvelle étude est une analyse actualisée de la première, qui inclut tous les cas survenus jusqu’au 31 octobre 2021. Les objectifs sont de compléter la première étude en précisant les estimations de risques parmi les adolescents et les jeunes adultes et en décrivant plus finement la sévérité des cas de myocardites et péricardites survenant après la vaccination.

Les résultats montrent que le risque de myocardite et de péricardite est augmenté au cours de la première semaine suivant l’administration des deux vaccins chez les hommes et les femmes. L’excès estimé de cas de myocardite est le plus important chez les hommes entre 18 et 24 ans, atteignant 4,7 [3,8-5,8] cas pour 100 000 deuxièmes doses de Comirnaty (Pfizer-BioNTech) et 17 [13-23] cas pour 100 000 deuxièmes doses de Spikevax (Moderna).

Un excès de cas est également mis en évidence, mais à moindre ampleur, chez les adolescents de 12 à 17 ans avec des estimations atteignant respectivement 1,9 [1,4–2,6] cas pour 100 000 deuxièmes doses du vaccin Comirnaty (Pfizer-BioNTech) et 3,2 [0–150] cas pour 100 000 deuxièmes doses du vaccin Spikevax (Moderna). Chez les adolescentes de 12 à 17 ans, l’estimation d’excès de cas est de 0,4 [0,17–0,88] cas pour 100 000 deuxièmes doses du vaccin Spikevax (Moderna).

Un risque augmenté de péricardite est également retrouvé dans les sept jours après la deuxième dose de chaque vaccin chez les hommes et les femmes de 12 à 50 ans. La durée de séjour hospitalier des cas survenus après exposition récente à un vaccin à ARN messager (quatre jours en médiane) est équivalente à celle des non vaccinés. En revanche, séjour en réanimation, ventilation, et décès étaient moins fréquents en cas d’hospitalisation après exposition à un vaccin à ARN messager. Par ailleurs, l’infection par le SARS-CoV-2 dans le mois précédent est fortement associée à la survenue de myocardite (odds-ratio ajusté : 9,0 [6,4–13]) ou de péricardite (odds-ratio ajusté : 4,0 [2,7–5,9]).

Cette étude confirme et mesure l’amplitude d’un risque accru de myocardite et de péricardite dans la semaine suivant la vaccination contre le Covid-19 par les vaccins à ARN messager, en particulier la deuxième dose du vaccin Spikevax (Moderna), chez les hommes et les femmes âgés de 12 à 50 ans. Les cas de myocardite et de péricardite suivant la vaccination n’apparaissent pas plus graves que ceux survenant en dehors de la vaccination.

Citer cette étude : Groupement d’intérêt scientifique (GIS) Epi-Phare. Association entre les vaccins Covid-19 à ARN messager et la survenue de myocardite et péricardite chez les personnes de 12 à 50 ans en France - Données actualisées au 31 octobre 2021. Avril 2022.

Informations sur la publication

Propriété Valeur
Thème(s) médicaments et dispositifs médicaux ; pathologies
Mot(s)-clé(s) Covid-19 ; hospitalisation ; maladie cardio-neurovasculaire ; système d'information ; vaccin
Collection Études pharmaco-épidémiologiques
Date de publication avril 2022
Auteur(s) Groupement d’intérêt scientifique (GIS) Epi-Phare
Fréquence de parution de la collection ponctuelle

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