Recours à l’oxygénothérapie à domicile pour une infection à SARS-CoV-2 en 2021 en France

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Cette étude pharmaco-épidémiologique décrit le recours à l’oxygénothérapie à domicile pour une infection à SARS-CoV-2 n’ayant pas donné lieu à une hospitalisation au préalable pour Covid-19, en 2021 en France.

Présentation

Cette étude a été conduite par le Groupement d’intérêt scientifique (GIS) Epi-Phare constitué par l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) et la Caisse nationale de l'Assurance Maladie (Cnam).

Depuis le début de l’année 2020, la pandémie de Covid-19 a entraîné la prise en charge par le système de soins de patients dont l'infection par le SARS-CoV-2 se compliquait de difficultés respiratoires transitoires. Ces dernières, lorsqu’elles étaient associées à une baisse de l’oxygène dans le sang (ou baisse de la saturation en oxygène), nécessitaient le recours à de l’oxygène médical. Du fait de la capacité d'accueil limitée à l'hôpital durant le pic des vagues de Covid-19, l’oxygène à usage médical a aussi été déployé au domicile des patients en France, dans le cadre d'un parcours de soins coordonné spécifique qui utilisait un circuit de distribution déjà existant en ville. En janvier 2021, la Haute Autorité de santé (HAS) a proposé une liste de critères d’éligibilité à l’oxygénothérapie à domicile pour les patients atteints du Covid-19. Les patients éligibles étaient notamment les personnes infectées par le SARS-CoV-2 et non hospitalisées au préalable pour Covid-19 avec une saturation en oxygène au repos comprise entre 90 et 92 % et pas de signe de gravité de Covid-19, à l’exclusion des patients répondant aux critères suivants :

  • patients concernés par un seul des critères suivants : pathologie chronique déséquilibrée, maladie neurologique pouvant altérer la fonction respiratoire, obésité morbide, dépendance à de l’oxygénothérapie haut débit ou à respirateur, suspicion d’embolie pulmonaire, grossesse confirmée, impossibilité de pouvoir utiliser correctement leur traitement ;
  • patients concernés par au moins deux des critères suivants : âge de plus de 70 ans, pathologie cardiovasculaire sévère, pathologie respiratoire chronique, pathologie cancéreuse contrôlée, diabète, obésité modérée à sévère, cirrhose non décompensée.

Un arrêté qui a repris les propositions de modalités de prise en charge de la HAS a fixé le contenu de la prestation d'oxygénothérapie, avec notamment la création d’un forfait hebdomadaire et l’intervention de prestataires à domicile.

Les objectifs de cette étude étaient les suivants :

  • dénombrer les patients ayant reçu une oxygénothérapie à domicile pour une infection à SARS-CoV-2 n’ayant pas donné lieu à une hospitalisation pour Covid-19 au préalable ;
  • décrire leurs caractéristiques sociodémographiques et médicales, incluant les critères d’exclusion définis par les propositions de modalités de prise en charge de la HAS des patients traités ainsi que de leur traitement ;
  • quantifier la fréquence de survenue d’une hospitalisation pour Covid-19 ou du décès dans le mois suivant la mise sous oxygène à domicile.

Cette étude utilise les données du système national des données de santé (SNDS), chaînées aux données des systèmes nationaux d’information sur la vaccination contre le Covid-19 (VAC-SI) et sur les tests de dépistage du SARS-CoV-2 (SI-DEP). Tous les individus affiliés à l’Assurance Maladie ayant été remboursés pour au moins un forfait oxygénothérapie à court terme, pour les patients atteints du Covid-19, entre le 30 janvier 2021 (date de création du forfait) et le 31 décembre 2021, ont été inclus. Les sujets ont été suivis durant un mois au maximum à partir de la date de début de mise sous oxygène.

L'étude a identifié 15 308 personnes atteintes du Covid-19 en 2021 qui ont été traitées par une oxygénothérapie à domicile. Environ 19 % résidaient dans les départements et régions d'outre-mer et collectivités d'outre-mer (Drom-Com) et presque 14 % étaient institutionnalisées dans des établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad). L’âge moyen des patients traités était de 67,8 ans et 46,1 % étaient des hommes. L’Île-de-France, la région Provence-Alpes-Côte d'Azur (Paca), l’Occitanie et les Drom-Com regroupaient environ 76 % des patients traités. Au total, 35,9 % des patients étaient non vaccinés au moment du traitement (19,2 % dans les Ehpad et 77,9 % dans les Drom-Com). Les principaux résultats ont montré une forte utilisation de l'oxygénothérapie pendant les deux vagues de la pandémie survenues en 2021 en France.

Les patients ayant reçu de l’oxygène à domicile présentaient diverses comorbidités. Parmi les plus fréquentes, on retrouvait une hypertension artérielle (54,9 %), une dyslipidémie (27,5 %), des maladies psychiatriques (29,9 %), des troubles respiratoires (bronchopneumopathie chronique obstructive - BPCO, asthme, tabagisme pris en charge médicalement : 22,2 %), un diabète (21,8 %), une pathologie cancéreuse active (13,5 %), une maladie coronaire (10,8 %) ou encore une obésité (10,0 %). Un traitement à visée immunosuppressive était retrouvé chez 4,1 %. Il y a donc une proportion importante de patients traités qui ne répondaient pas aux critères d’éligibilité proposés par la HAS.

Citer cette étude : Groupement d’intérêt scientifique (GIS) Epi-Phare. Recours à l’oxygénothérapie à domicile pour une infection à SARS-CoV-2 en 2021 en France. Octobre 2022.

Informations sur la publication

Propriété Valeur
Thème(s) médicaments et dispositifs médicaux
Mot(s)-clé(s) Covid-19 ; système d'information
Collection Études pharmaco-épidémiologiques
Date de publication octobre 2022
Auteur(s) Groupement d’intérêt scientifique (GIS) Epi-Phare
Fréquence de parution de la collection ponctuelle

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