Résultats de l’étude ComCor de l’Institut Pasteur sur les lieux de contamination au SARS-CoV-2

23 décembre 2020

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L’Institut Pasteur, en partenariat avec l’Assurance Maladie, Santé publique France et Ipsos, présente les résultats d’une étude épidémiologique baptisée ComCor sur les circonstances et les lieux de contamination par le virus SARS-CoV-2. L’objectif de l’étude est d’identifier les facteurs sociodémographiques, les endroits fréquentés ainsi que les comportements associés à un risque accru d’être infecté par le SARS-CoV-2.

Afin de contribuer à améliorer encore les outils de lutte contre l’épidémie de Covid-19, l’Assurance Maladie a souhaité contribuer à cette étude de l’Institut Pasteur. Les personnes ayant répondu à l’enquête ont été invitées à y participer par l’Assurance Maladie qui pilote le dispositif de « contact tracing » et est amenée, dans ce cadre, à contacter l’ensemble des personnes contaminées afin d’identifier avec elles les personnes avec lesquelles elles ont pu avoir des contacts à risque. Ainsi, sur les 370 000 mails envoyés avec invitation à participer à l’étude, 30 330 (8,2 %) questionnaires ont été retournés par des personnes ayant très vraisemblablement été infectées entre le 17 et le 30 octobre 2020, la période du couvre-feu.

Cette démarche est réalisée dans le plus grand respect de la protection des données recueillies pour lutter contre l’épidémie de Covid-19.

Voir l’étude complète ComCor sur le site de l’Institut Pasteur : présentation, principaux résultats et interprétation de l'étude ComCor.

Circonstances de contamination

Voici les résultats du premier volet de l’étude, qui décrit les circonstances de contamination, pendant la période du couvre-feu :

  • origine de la contamination : 44 % des personnes infectées connaissent la personne qui les a infectées, 21 % suspectent un évènement particulier sans connaître la personne source de l’infection, et 35 % ne savent pas comment elles ont été infectées ;
  • isolement : la très grande majorité (97 %) des répondants se sont mis en isolement, 54 % dès les premiers symptômes, et 64 % dès la connaissance d’un contact avec un cas infecté ;
  • lors des contaminations au sein du foyer (35 % des contaminations quand la personne source est connue), il s’agit avant tout pour ces adultes d’une contamination par le conjoint (64 % des cas) ;
  • pour les contaminations hors foyer (65 % des contaminations quand la personne source est connue) : il s’agit avant tout de contaminations dans le cercle familial (33 %), puis dans le milieu professionnel (29 %), puis dans le milieu amical (21 %).

Facteurs associés à l’infection

Le second volet de l’étude compare les caractéristiques, comportements et les pratiques des répondants à ceux d’une série de témoins, et ce pendant la période du couvre-feu et celle du confinement.

Selon l'étude, les facteurs qui augmentent le risque d’être infecté sont les suivants :

  • avoir des enfants (gardés chez une assistante maternelle ou en structure scolaire) ;
  • co-voiturer ;
  • se déplacer à l’étranger ;
  • participer à une réunion physique (professionnelle ou privée) ;
  • avoir fréquenté des bars, restaurants ou salles de sports.

Les facteurs de diminution du risque sont les suivants :

  • télétravailler ;
  • se déplacer en bus ou tramway ;
  • pratiquer un sport en extérieur ;
  • avoir fréquenté des commerces (alimentaires…).

«  Cette étude montre le risque élevé d’infection par le SARS-CoV-2 à l’occasion des repas et des réunions privées. Il sera très important de minimiser ce risque à l’occasion des rassemblements qui accompagneront les fêtes de fin d’année », a indiqué Arnaud Fontanet, directeur de l’unité d’épidémiologie des maladies émergentes à l’Institut Pasteur et professeur du Conservatoire national des arts et métiers.

L’étude signale que ces résultats sont à considérer avec prudence : ils ne concernent que la période du couvre-feu et celle du confinement et la sélection de la population d’étude ne représente qu’une fraction faible de toutes les infections.