L’Essentiel 2020 : les chiffres des accidents du travail et maladies professionnelles

28 octobre 2021

Couverture du rapport d'activité 2020 de l'Assurance Maladie - Risques professionnels
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La pandémie de Covid-19 a un impact sur le contexte professionnel. En 2020, alors que les accidents du travail, de trajet et les maladies professionnelles ont baissé, les affections psychiques ont augmenté. L’Assurance Maladie – Risques professionnels publie les faits marquants et les chiffres de la sinistralité dans « L’Essentiel 2020, Santé et sécurité au travail ».

Baisse des accidents du travail

Dans le contexte de la pandémie de Covid-19, le nombre d’accidents du travail a diminué de 17,7 % par rapport à 2019, avec moins de 540 000 accidents. Cette diminution correspond en particulier aux 2 périodes de confinement de l’année 2020.

En raison du recours au chômage partiel et au télétravail, les accidents du travail ont très fortement diminué dans les services :

  • - 23,9 % pour les activités de travail temporaire ;
  • - 23,3 % pour le secteur tertiaire ;
  • - 19,4 % pour l’édition et la communication ;
  • - 18,9 % pour l’alimentation ;
  • - 18,4 % pour le commerce non alimentaire.

La situation est plus contrastée dans les activités industrielles et secondaires :

  • - 18,5 % des accidents du travail dans la métallurgie
  • - 16,5 % dans la chimie-plasturgie ou dans le bois, l’ameublement et le textile ;
  • - 12,8 % dans le BTP, secteur d’activité qui a été le moins longtemps à l’arrêt.

Très sollicités pendant la crise sanitaire, certains métiers ont vu leur sinistralité augmenter :

  • l’ambulance (+ 2,4 %) ;
  • les centrales d’achats (+ 5 %) ;
  • la vente à distance (+ 14 %).

Les activités d’action sociale et de santé ont néanmoins vu leur sinistralité baisser de 17 % en 2020.

Forte diminution du nombre d’accidents de trajet

Les accidents de trajet ont diminué de 19,7 % par rapport à 2019. Là aussi, cette tendance s’explique par les périodes de confinement, à des degrés divers dans la plupart des grandes régions.

Diminution du nombre de maladies professionnelles en lien avec la pandémie

Les maladies professionnelles ont baissé de 18,8 % entre 2019 et 2020. Le nombre de victimes a diminué, lui aussi, de 18,2 %. Les troubles musculo-squelettiques demeurent à l’origine de 87 % des maladies professionnelles.

La reconnaissance du Covid en maladie professionnelle

 

Le nouveau tableau 100 du Code de la sécurité sociale a intégré les pathologies liées aux infections au SARS-CoV2 au titre des maladies professionnelles.
Les professionnels salariés et exerçant en libéral dans le secteur de la santé, contaminés dans le cadre de leur travail et ayant subi une affection respiratoire grave, bénéficient d’une reconnaissance automatique s’ils ont eu une aide à la respiration (apport d’oxygène ou assistance ventilatoire). Les personnes des autres secteurs d’activité dans le même cas voient leur demande examinée par un comité d’experts médicaux.
Toutes les conséquences sévères ou prolongées du Covid-19 peuvent faire l’objet d’une étude médicale pour une éventuelle reconnaissance en maladie professionnelle, à partir du moment où le lien avec la situation professionnelle est établi.
À fin septembre, 5 018 dossiers complets de demandes de reconnaissance de maladie professionnelle ont été déposés auprès des caisses primaires d’assurance maladie et CGSS dont 82 % concernent des soignants. À ce jour, 1 690 de ces dossiers ont été pris en charge.

Les affections psychiques au travail en hausse

L’évolution des affections psychiques reconnues poursuit sa hausse observée ces dernières années, tant en nombre de maladies déclarées à titre professionnel qu’en nombre de prises en charge accordées.

1 441 maladies professionnelles relevant de troubles psychosociaux, soit environ 37 % de plus qu’en 2019, ont donné lieu à une prise en charge favorable par l’Assurance Maladie - Risques professionnels, sur la base de l’avis des comités d’experts médicaux saisis.

Cette augmentation est probablement liée, là aussi, à l’impact de la pandémie.