Du big data dans les feuilles de soins

12 mars 2018

Photo : data
Bloc(s) de contenus: 

 

La Cnam et l’École polytechnique viennent de renouveler pour trois ans leur convention de partenariat. Signée fin 2014, cette convention renforce le Sniiram en tant qu’outil de recherche et développement dans le domaine des sciences des données.

L’objectif de ce partenariat ? Permettre de nouvelles exploitations des données du système national d’information interrégime de l’Assurance Maladie (Sniiram), la formidable base de données santé qui compile l’ensemble des données de remboursements des soins en France.

Trois ans déjà que l’équipe de mathématiciens du Centre de mathématiques appliquées (le CMAP, laboratoire interne de l’École polytechnique) travaille au développement de nouveaux types d’algorithmes de traitement des données. Leur approche, peu banale, vise à détecter les signaux faibles dans le Sniiram. Un signal faible, c’est « une information d’alerte précoce, de faible intensité, pouvant être annonciatrice d’une tendance ou d’un événement important », selon la définition qu’en donnait en 1975 l’économiste russo-américain Igor Ansoff. Grâce à leurs algorithmes d’apprentissage automatique, les chercheurs ont montré la corrélation chez les diabétiques entre prise de pioglitazone* et déclenchement d’un cancer de la vessie. Une association connue et déjà prouvée par les méthodes classiques par la Cnam sur les données du Sniiram qui a permis de valider l’efficacité de l'approche du CMAP.

Effets secondaires des médicaments, parcours de soins…

Dans les trois prochaines années, les chercheurs de l’École polytechnique et les statisticiens et médecins de la Cnam vont approfondir leurs recherches dans le domaine de la surveillance des produits de santé et développer des algorithmes sur différents types de données : ils essaieront de déterminer comment mieux détecter les potentiels effets secondaires de certains médicaments, chez les patients âgés ou à risque cardiovasculaire dans un premier temps.

En parallèle, ils vont tenter de définir des types de parcours de soins par catégories de patients. Sans oublier d’appliquer ces nouveaux types d’algorithmes à la détection de fraudes ou mésusages, pour une meilleure gestion des ressources de l’Assurance Maladie.

* La pioglitazone, une molécule anti-diabétique, a été commercialisée sous le nom d’Actos et Competact de 2002 à 2011, avant d’être retirée du marché par l’Affsaps.

 

Le Sniiram, quèsaco ?

Le Sniiram est un trésor de données utilisé par l’Assurance Maladie aussi bien pour la qualité des soins que pour la gestion des politiques de santé, en pharmaco-épidémiologie comme à des fins de santé publique. Il est alimenté par l’ensemble des données des feuilles de soins des assurés du régime général, ce qui représente chaque année 1,2 milliard de feuilles de soins pour 65 millions d’assurés. Il permet également de rapprocher les informations détenues par l’Assurance Maladie et les séjours et diagnostics hospitaliers du programme de médicalisation des systèmes d'information transmis par l’Agence technique de l’information hospitalière (ATIH). L’Assurance Maladie est chargée de la gestion du Sniiram pour le compte de l’État, en lien avec les autorités de santé.

Cette base de données verra très bientôt sa sécurité encore renforcée dans le cadre des contrôles auxquels procède régulièrement la Cnil, en application de sa mission de surveillance et d’analyse de la sécurité et la confidentialité des données. Pleinement consciente de ses responsabilités, l’Assurance Maladie a déjà beaucoup investi dans la sécurité informatique depuis plusieurs années et poursuit ses investissements.