« Donner aux jeunes les moyens de faire des choix éclairés pour leur santé »

15 novembre 2019

Portrait d'Isabelle Vincent
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Avec l’intégration du régime étudiant de sécurité sociale, l’Assurance Maladie amplifie sa prévention auprès des jeunes. Isabelle Vincent, responsable adjointe au département de la prévention et de la promotion de la santé, présente la stratégie.

Le régime étudiant de sécurité sociale a disparu et a été intégré le 31 août au régime général de l’Assurance Maladie. Dans le cadre de cette réforme, mais également dans une volonté de renforcer ses actions après de cette population, l’Assurance Maladie a construit une stratégie de prévention à destination de tous les jeunes de 16 à 25 ans (environ 5,6 millions), dont les étudiants (environ 2,6 millions).

Quel est le but de cette stratégie de prévention envers les jeunes ?

Le but est de donner aux jeunes les moyens de faire des choix éclairés pour leur santé. Et pour cela, notre stratégie poursuit 3 objectifs :

  • soutenir les comportements favorables à la santé ;
  • faire connaître et promouvoir les parcours de santé, les lieux gratuits et anonymes pouvant leur venir en aide ;
  • promouvoir les dépistages, favoriser les diagnostics précoces et accompagner dans le soin.

Elle comprend également des actions portant sur l’accès aux droits. Notre objectif est aussi de lutter contre les inégalités sociales et territoriales en matière de santé.

Comment s’est construite la stratégie ?

Elle s’inscrit dans la politique de prévention de l’État et dans ses priorités et a fait l’objet d’échanges avec notamment la direction générale de la santé et Santé publique France.

Un Lab’Métiers dédié à la stratégie relations jeunes a été mis en place en collaboration avec les départements concernés de la Caisse nationale de l'Assurance Maladie (Cnam). Les caisses primaires d'assurance maladie (CPAM) de Loire-Atlantique et de Paris ont été associées aux travaux.

La Cnam a également dressé un état des lieux des actions menées par les mutuelles étudiantes et une double enquête a été réalisée auprès de 5 000 étudiants pour déterminer leurs besoins et leurs attentes. 2 benchmarks internationaux ont aussi été menés, l’un sur les actions de prévention des infections sexuellement transmissibles (IST) et l’autre sur la lutte contre l’alcoolisme.

 

Quelle est la force de l’Assurance Maladie pour construire cette stratégie ?

Notre atout est de pouvoir nous appuyer sur nos offres déjà existantes et notamment les prises en charge à 100 % d’actes de prévention (M’T Dents, qui vient de fêter ses 10 ans, dépistage de certains cancers, programmes de vaccination, examen de prévention en santé spécifique, etc.), la prise en charge des traitements nicotiniques de substitution, le financement d’actions comme Moi(s) sans tabac, la gratuité et la confidentialité du parcours contraceptif pour les mineures, etc.

Ensuite, nous pouvons prendre appui sur notre réseau de partenariats pour proposer des interventions en présentiel, mettre à disposition des outils et promouvoir les offres de prévention disponibles. Nous allons également agir plus étroitement avec des partenaires ayant la même cible, comme l’Éducation nationale, les professionnels présents dans les lieux de vie des jeunes : campus universitaires, missions locales, lycées, etc.

L’Assurance Maladie peut également s’appuyer sur le réseau des DAM (délégués de l’Assurance Maladie) pour sensibiliser les médecins aux actions qu’elle mettra en œuvre auprès des jeunes et leur présenter les outils à leur disposition pour les accompagner.

 

Quels sont les messages que nous allons adresser aux jeunes ?

Globalement, les jeunes s’estiment à 89 % en bonne santé. Ce ressenti se détériore un peu chez les étudiants (62%). Selon un sondage, 75 % des étudiants disent boire de l’alcool (33 % au moins une fois par semaine) et 60 % se disent stressés et épuisés.

Les messages et les actions menés auprès des jeunes concerneront 4 grandes thématiques :

  • les conduites addictives (tabac, alcool, cannabis) ;
  • la vie affective et sexuelle ;
  • la santé mentale au sens large (anxiété, dépression, mal-être, stress, troubles du sommeil, violences…) ;
  • l’alimentation, l’activité physique et la santé bucco-dentaire.

 

Concrètement, pouvez-vous citer quelques nouvelles actions qui vont être mises en place ?

On peut citer le dispositif « Ici on vous aide à arrêter de fumer », financé dans le cadre du fonds de lutte contre les addictions. Il s’agit de proposer des consultations de tabacologie et des substituts nicotiniques fin 2019 dans les CES (centres d’examens de santé), puis en 2020 un déploiement progressif se poursuivra au sein des PMI  (protection maternelle et infantile) et des SIUMPPS (services interuniversitaires de médecine préventive et de promotion de la santé) en s’appuyant sur les CPAM (avec une convention de partenariat). Une expérimentation sur le repérage précoce de la consommation d’alcool va également être déployée.

Concernant la vie affective et sexuelle, la relance du projet « Chlamyweb », réalisée par l’INPES en 2012, est envisagée : il s’agit de l’envoi gratuit d’un kit d’autoprélèvement pour le dépistage des infections à chlamydiae (infection sexuellement transmissible) à partir d’une plateforme en ligne, avec prise en charge de l’analyse biologique.
Dans le champ de la santé mentale, une expérimentation va être lancée pour former des jeunes aux premiers secours en santé mentale.

Enfin, on peut aussi citer le programme M’T Dents qui a été étendu aux jeunes âgés de 21 et 24 ans et qui fera l’objet d’une nouvelle campagne de communication.

De nombreuses autres actions de communication sont prévues sur ces thèmes.

 

Quelle sera l’implication du réseau ?

Les CPAM participeront bien sûr au déploiement de ces actions. Une boîte à outils sera mise à leur disposition pour leur permettre de développer des partenariats locaux et d’assurer le déploiement des actions (modèle de convention de partenariats, diaporama de présentation de la stratégie etc.)

Plusieurs actions régionales déjà réalisées pourront être mutualisées, comme l’escape game de la CPAM d’Ille-et-Vilaine.