Antibiorésistance : l’Assurance Maladie se mobilise contre la surconsommation d’antibiotiques

18 novembre 2019

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A l’occasion de la Journée européenne d’information sur les antibiotiques (18 novembre) et de la Semaine mondiale pour un bon usage des antibiotiques (du 18 au 22 novembre), l’Assurance Maladie s’associe aux autorités de santé françaises (1) pour partager un état des lieux de la consommation et de la résistance aux antibiotiques en France. L’occasion de rappeler les actions qu’elle conduit à son niveau pour encourager les patients et les professionnels de santé prescripteurs à adopter les meilleures pratiques. L’objectif partagé est crucial : éviter le développement de la résistance aux antibiotiques.

La France, mauvaise élève de la consommation d’antibiotiques ?

Pour un nombre croissant d’infections, comme la pneumonie, la tuberculose, la septicémie, la gonorrhée et les maladies d’origine alimentaire, la surexposition aux antibiotiques rend le traitement plus difficile : les bactéries peuvent devenir résistantes quand les patients utilisent des antibiotiques dont ils n’ont pas besoin, ou quand ils ne terminent pas leur traitement, donnant ainsi à la bactérie une chance de survivre et de développer une immunité (2).

Or, en France, la consommation d’antibiotiques demeure supérieure d’environ 30 % à la moyenne européenne et le pays se situe sur la 3e marche du podium des plus gros consommateurs européens (3). Cela était toujours vrai en 2018 malgré des évolutions encourageantes constatées ces dernières années : ainsi entre 2009 et 2018, la consommation d’antibiotiques en ville a baissé de 15 % en nombre de prescriptions, passant de 2,81 à 2,38 pour 1000 habitants et par jour, et la part de traitements par antibiotiques particulièrement générateurs d’antibiorésistance a connu une baisse.

En savoir plus sur la consommation d’antibiotiques en ville en France

L’Assurance Maladie se mobilise pour le juste recours aux antibiotiques

Acteur historique de la mobilisation contre le développement des résistances bactériennes, l’Assurance Maladie est partie prenante de la feuille de route interministérielle de maîtrise de l’antibiorésistance, et œuvre pour renforcer cette dynamique de recul des prescriptions. Son action passe par différents vecteurs, déjà en place ou en cours de déploiement :

  • Dispositifs à destination des prescripteurs : la rémunération sur objectifs de santé publique (Rosp) comprend depuis 2012 des indicateurs destinés à valoriser un recours raisonné à ces traitements par les prescripteurs. Les résultats de cette action sont tangibles, avec la poursuite de la baisse des traitements par antibiotiques particulièrement générateurs d’antibiorésistance, évoquée précédemment (- 2,6 points entre 2017 et 2018), mais aussi la baisse des prescriptions d’antibiotiques des médecins traitants à leurs patients âgés de 16 à 65 ans sans affection de longue durée.
  • Promotion du recours au test rapide d’orientation diagnostique (Trod) pour les angines : celui-ci permet de différencier rapidement et efficacement les angines virales des angines bactériennes. Le pharmacien pourra réaliser ce test en officine, dès le début 2020, afin d’orienter à bon escient tout patient présentant un mal de gorge évocateur d’angine.
  • Campagne d’information à destination des délégués de l’Assurance Maladie : prévue en 2020, cette campagne visera à faire connaître les nouvelles plateformes de conseil en antibiothérapie mises en place par les agences régionales de santé (4).
  • Actions ciblées de sensibilisation auprès des prescripteurs d’antibiothérapie longue : les prescriptions supérieures à 8 jours (qui représentent encore 22 % des prescriptions) sont visées, sachant qu’une durée supérieure à 7 jours est dans la plupart des cas non pertinente.
  • Enfin, du côté des outils des prescripteurs, des messages de recommandation de bon usage des antibiotiques seront intégrés aux logiciels d’aide à la prescription courant 2020.

[1] Santé publique France, Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé, Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail et les ministères de tutelle

[2] Selon l’Organisation mondiale de la santé, semaine mondiale pour un bon usage des antibiotiques, novembre 2018

[3] Derrière la Grèce et Chypre, selon les données de l’ECDC (European Centre for Disease Prevention and Control), dans le cadre du réseau ESAC-NET

[4] Conformément à l’instruction de la Direction générale de la santé (DGS) du 19 juin 2015, il appartient aux agences régionales de santé (ARS) d’organiser dans chaque région le conseil en antibiothérapie